printemps des poètes

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printemps des poètes

Message par Lèna le Lun 2 Mar - 12:08

je remonte le post de l'an dernier...


C'est toute la semaine partout en France
sur ce site :
http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=passeurs&page=16
on peut en lire, en copier et en télécharger légalement flower

sur ce lien on peut rechercher les évènements qui auront lieu près de chez nous:
http://www.printempsdespoetes.com/index.php?rub=agenda&page=17

et un ptit poème pour ce matin:

""Le matin..." d'Emily Dickinson"
Le matin, qui ne vient qu'une fois,
Envisage de revenir -
Deux Aubes pour un Seul Matin
Donne un prix soudain à la Vie -


Dernière édition par Lèna le Dim 14 Mar - 13:22, édité 1 fois
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Re: printemps des poètes

Message par Elodie le Lun 2 Mar - 22:53

Merci pour ce lien !

Je vais me régaler dès que j'aurai un peu plus de temps pour en lire davantage.

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Re: printemps des poètes

Message par Lèna le Mar 3 Mar - 16:04

et 2 poèmes aujourd'hui :

Talipot

Tahar Ben Jelloun

Pour Issa et Sarojini


Ne me demandez plus si je suis Français, Marocain ou talipot
Je ne serai pas centenaire pour fleurir dans le parc Pamplemousse
Ne me demandez plus pourquoi je n’écris pas en arabe ni comment suis-je devenu un palmier
Plus haut que les autres dans une île où les nuages embellissent les montagnes
Je suis et serai le même arbre inquiet aux fruits amers
J’ai cru que l’île me ramènerait à la maison
On m’a dit qu’elle me donnerait l’enfance et l’oubli
Jusqu’à laver la peau et la mémoire
Comment vous dire l’amitié brûlée et l’œil abusé ?
Ne me réclamez plus la soudure fraternelle
Car des remparts se sont écroulés et ma demeure est fragile
J’ai longtemps observé un talipot
Sec et digne
Grand et humble
Ce n’est pas un palmier mais une statue aux racines fines
Je ne serai jamais cette plante que frôlent les nues
Inébranlable
Ni ce moineau au nez jaune qui sautille sur les nénuphars immenses
Alors où est ma liberté, moi l’homme au double fardeau ?
Pourquoi écrirai-je sur la solitude des pierres et des cœurs désertés ?
Que dirai-je à ma mère qui pleure mon absence alors que je suis à son chevet ?
Je lui dirai l’île et ses montagnes vertes
Je lui raconterai l’histoire du Morne Brabant et des esclaves qui se jetaient de son sommet
Je dessinerai des visages de toutes les couleurs et des sourires naturels
Je lui dirai : j’ai été là, loin de la maison, pour oublier et guérir la trahison
Pour gagner l’espoir des platanes et la confiance des oiseaux
Pourquoi avoir fait le pèlerinage des épices et des chants mêlés ?
Il a fallu marcher pieds nus sur la terre de Maurice
Pour laver la souillure
Sur cette terre j’ai l’ombre légère
Mes pensées ne butent plus contre la paroi de la colère
Je regarde l’Océan Indien et j’entends le vent me dire
Ce n’est que la poussière grise de la vie, ne t’arrête pas devant des rats mourants, va, marche
Sur la pierre, regarde l’horizon, sens les parfums de l’île, ne te retourne pas, avale les mots d’amertume,
Tu es talipot, haut dans le ciel
Alors je suis allé à Chamarelle et j’ai ouvert les yeux
Toute cette végétation pour mon désir
Pour m’emplir d’espoir et d’ivresse
Je suis allé dans le domaine du chasseur face à la montagne du Lion
Et j’ai vu la mer, une mousseline de lumière scintillante.
J’ai vu le soleil se pencher sur la chevelure touffue des forêts
Et des femmes endormies.


Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004


No Pasaran

Jamel Eddine Bencheikh

Par les grillages de l’attente
Je laisse l’espoir à la mer
Égrener ses ombres mouvantes


Mon regard lèche la torsade
Du fer forgé envoluté
La brise arrondit sa chamade


Poète Rassemble le monde
Brode la dentelle des marées
Et calligraphie sur leur onde


L’annonciation démiurgique
Qui vibre au chant désespéré
Jailli de ta lèvre magique


Tisse et fais renaître le songe
Où être heureux nous voudra dire
Que nous chasserons le mensonge


Malgré la honte et les carnages
Le cœur léger sous la nuée
Nous survivrons en tes mirages


Qui offrent leur parfum de menthe
Sous la volute enamourée
Face à la mer qui invente



Poème publié dans l'anthologie Une salve d'avenir. L'espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004
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Re: printemps des poètes

Message par Lèna le Mer 4 Mar - 11:00

Passage
poète
Max Alhau
poème
Les blancs, les paroles avares,
Nous ne saurions les esquiver.
Il suffit que demeurent, rares,
Des feux qu’il faudra approuver.
Tout ce que nous pourrons rêver :
Le désert, la plaine, la plage
Et que nous nommerons passage
Mettra un terme à notre errance.


Nous aborderons ce rivage
Les yeux noyés dans notre enfance.


*


Nous avons voué nos mots au large
Et sommes revenus au port
Le corps dévasté par la charge
D’une nuit qui fut sans report,
Nuit dont nous récusons l’apport.
Notre voix s’accorde au silence
Qui résilie l’impatience.


L’aube atténue notre débâcle,
Mettant à nu toute présence :
Il n’est de prix pour le miracle.
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Re: printemps des poètes

Message par Thomas le Mer 4 Mar - 12:10

C'est beau, c'est bizarre, je ne comprends pas tout, mais c'est beau.

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Re: printemps des poètes

Message par Lèna le Jeu 5 Mar - 17:38

La Poésie par Vincent Roca

La poésie est une maladie.
Une maladie non orpheline puisqu’elle est fille du langage et de l’émotion.
Comme la frénésie, elle se traduit par une exaltation qui met parfois hors de soi,
comme l’hérésie elle heurte la raison,
comme l’énurésie elle peut-être inconsciente, et laisser des traces sur le papier,
comme la pleurésie, elle enflamme le thorax,
comme le kinési, elle est mouvement, chaleur, froid, elle sollicite les muscles, les tendons, et comme le revenez-y, elle ne vous lâche pas comme ça !
L’individu atteint de poésie, appelé poète pour qu’on ne l’écrase pas à un carrefour, a des troubles de la vision et de la perception, il lui arrive de voir à la place d’une table un bout de mer, un miroir, la tristesse ou même une enclume. Pour le poète, les voyelles ont des couleurs, et le ciel pèse comme un couvercle. Selon qu’il s’appelle Guillaume Apollinaire ou Allain Leprest (avec deux ailes) le poète voit passer sous le Pont Mirabeau nos amours ou des hydrocarbures.

Le poète a fait des études jusqu’à la licence, dite poétique, mais il n’a pas de travail pour autant. Pour subsister il fait la manche, ou l’océan, ou le ruisseau. Il se nourrit à la source et malgré ses dents de lait et ses griffes en coton, mord à même le monde.

Les poètes les plus atteints sont enfermés dans des sortes de prisons dorées qu’on nomme anthologies, mais qui ne sont pas toutes l’œuvre de Georges Pompidou. La promiscuité y est douteuse et le sale type qui monte la garde s’appelle Michard.

La poésie est une maladie incurable. Mais c’est une des rares maladies qui se prolonge après la mort. C’est d’ailleurs souvent après la mort qu’elle devient contagieuse. Et c’est grâce à cette hypothétique promesse de contagion, que beaucoup de gens tristement sains fréquentent les poètes morts, dans l’espoir secret d’attraper leur maladie…






Présentation de Vincent Roca
Né en 1950, Vincent Roca débute sa carrière de comédien à Lyon dès 1966 au Théâtre des Jeunes Années, puis au Conservatoire d’Art dramatique. Jusqu’en 1989, il est professeur de mathématiques en France et en Afrique francophone.
Il se lance ensuite dans le spectacle vivant. Récemment, il écrit et interprète notamment « Délirium très mots » et « Une heure de gaité prés de chez vous » en 2007, « Sur le fil dérisoire » en 2004. Il est l’auteur de plus de 600 chroniques pour l’émission « Le Fou du Roi » sur France Inter.

Quelques parutions :
« Papiers buvards » et « Vincent Roca sucre les phrases », chez Albin Michel
« Eloges de quelques inutiles (et autres célébrités) », éditions Le Pré aux clercs
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Re: printemps des poètes

Message par Lèna le Dim 14 Mar - 13:23

up

avec un intemporel :

Mon rêve familier de Paul Verlaine




Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue, et que j’aime, et qui m’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m’aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon cœur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d’être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? – Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L’inflexion des voix chères qui se sont tues.


(Poèmes saturniens)


Paul Verlaine (1844 -1896)
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